Garantir une évaluation équitable pour les personnes cérébro-lésées

Les personnes qui ont besoin d’aide pour accomplir les actes de la vie quotidienne ont droit à une allocation pour impotent de l’assuranceinvalidité (AI). Pour les personnes cérébrolésées, la procédure ne tient pas suffisamment compte de leurs besoins.


«L’allocation pour impotent a pour but d’aider les personnes handicapées qui vivent chez elles à mener une vie autonome dans leur cadre habituel. Ont droit à une allocation pour impotent, les personnes qui ont besoin de l’aide d’autrui pour accomplir les actes ordinaires de la vie, que ce soit de la part de proches, d’amis ou de voisins», explique Paula Gisler, assistante sociale chez FRAGILE Suisse.


L’allocation pour impotent est destinée aux personnes qui ne parviennent plus à accomplir certaines activités: se laver, se vêtir, faire sa toilette, se nourrir, faire ses besoins, se déplacer et faire face à la vie quotidienne. La procédure suivie par l’AI pour déterminer le droit à l’allocation est valable pour tous. L’allocation pour impotent ne dépend ni du revenu ni de la fortune, elle n’est pas assujettie à l’impôt.


Après une lésion cérébrale, la vie quotidienne change du tout au tout pour la personne concernée et ses proches, même lorsque les conséquences de la lésion ne sont pas visibles. Pourtant, la vie doit reprendre son cours. Par conséquent, le soutien nécessaire donné par les proches devient une chose qui va de soi. A tel point que, quand la conseillère de l’AI effectue son enquête, les personnes cérébrolésées déclarent souvent qu’elles se lèvent, font leur toilette, s’habillent et se nourrissent seules.

Lorsque l’on pose des questions plus précises à la personne concernée et à ses proches, la situation apparaît sous un autre jour. En l’absence d’un proche ou si on ne l’incite pas à agir, la personne cérébrolésée n’est pas en mesure de s’acquitter seule de certains actes.


Les problèmes les plus fréquents sont les suivants:

  • Une personne qui souffre de troubles de la mémoire des faits récents n’apprécie pas la situation météorologique et ne s’habille pas en conséquence.
  • Une personne hémiplégique ne parvient pas à couper elle-même ses aliments.
  • Les médicaments ne sont pas pris correctement.
  • Une personne qui présente une héminégligence ne parvient pas à se laver les dents comme il faut, car elle perçoit uniquement un côté de son corps.
  • Une personne qui souffre de violents vertiges hésite à se doucher.
  • Une personne qui manque de motivation et d’énergie néglige son hygiène corporelle.

Pour déterminer le montant de l’allocation pour impotent, les enquêteurs de l’AI évaluent si la personne a besoin régulièrement d’une aide, de soins, d’une surveillance ou d’un accompagnement pour faire face aux nécessités de la vie.


On fait la distinction entre trois degrés d’impotence: faible, moyenne et grave.

  • L’impotence de faible degré est définie par l’AI: la personne a besoin de l’aide d’autrui pour accomplir deux actes ordinaires de la vie ou elle a besoin d’une surveillance personnelle permanente ou d’un accompagnement durable pour faire face aux nécessités de la vie (2h par semaine).
  • L’impotence est de degré moyen lorsque la personne a besoin de l’aide d’autrui pour au moins quatre actes ordinaires de la vie.
  • L’impotence est réputée grave lorsque la personne a besoin d’aide pour tous les actes ordinaires de la vie et nécessite en outre des soins permanents ou une surveillance.

L’allocation pour impotent est versée sous forme de forfait mensuel. Le montant versé aux personnes vivant chez elles diffère selon le degré d’impotence: il est de 470 francs pour une impotence légère, de 1175 francs pour une impotence moyenne et de 1880 francs pour une impotence grave. Pour les personnes vivant dans un home, la loi prévoit des montants différents (1/4 de l’allocation normale). L’allocation est utilisée pour payer le prix de pension du home.

Accompagnement pour faire face aux nécessités de la vie

Les personnes qui présentent peu de déficits visibles parviennent souvent à se passer d’aide pour se lever, se vêtir, se nourrir et faire leur toilette. En revanche, elles ont besoin de davantage d’appui que l’AI ne le prévoit pour faire face aux nécessités de la vie. Dans cette situation, le danger est grand que l’AI tienne insuffisamment compte de leur handicap et qu’elles ne touchent pas d’allocation pour impotent.


Les personnes cérébrolésées rencontrent souvent des problèmes que l’on ne décèle pas de prime abord. Or, l’AI reconnaît rarement leur existence. Ces problèmes sont notamment les suivants:

  • La personne n’a plus la notion des chiffres. Elle a des difficultés à payer ses achats, à faire ses paiements et à contrôler son budget.
  • La personne ne comprend pas le contenu de la correspondance, elle ne fait pas les démarches nécessaires, ne respecte pas les délais (par ex. pour la déclaration d’impôts).
  • La personne ne parvient plus à fixer des rendez-vous ni à s’y conformer, car elle a n’a plus la mémoire des faits récents.
  • Parfois, la personne craint de perdre des documents et ne jette plus rien. Tôt ou tard, elle ne parvient plus à s’y retrouver.
  • Les personnes souffrant d’aphasie (perte de la parole) ne parviennent pas à s’exprimer ou leur interlocuteur les comprend mal.

Les personnes cérébrolésées vivent souvent seules et sans personne qui leur assure l’accompagnement nécessaire pour faire face à la vie courante. Elles doivent organiser et payer ellesmêmes cet appui.


«Les 470 francs de l’allocation ne suffisent pas pour financer le soutien nécessaire», estime Paula Gisler. Selon elle, le problème est que la méthode utilisée est basée sur les handicaps corporels. Il est important qu’au moment du dépôt de la demande et de l’enquête, les personnes cérébrolésées et leurs proches fassent appel à un appui professionnel. «C’est une question de justice. Une personne qui présente des déficits a le droit d’obtenir suffisamment d’aide et de soutien financier. »


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