FRAGILE Vaud, les yeux rivés vers le ciel

Mercredi 26 juillet 2017 – Le comité de FRAGILE Vaud a convié les membres de l’association à la visite de l’entreprise Skyguide, à Genève. Située à l’aéroport de Genève, nous nous présentons à l’entrée et devons montrer patte blanche avant d’entrer. La sécurité est un mot qui reviendra souvent durant l’après-midi. Emmanuel, employé depuis dix-huit ans dans l’entreprise, nous accueille chaleureusement. Il est en charge des visites de l’entreprise.


Radio Marconi à Skyguide
Nous sommes tout d’abord installés dans la salle de formation où l’historique de l’entreprise nous est présenté. Née en 1922, elle se prénomme alors Radio Marconi, puis change de nom pour Radio-Suisse SA en 1928 et Swisscontrol en 1988. Deux dates importantes marquent l’entreprise : 2001 où l’aviation civile et militaire ont fusionné pour des raisons de fluidité et d’espace aérien ; et 2002 suite à l’accident aérien d’Überlingen où deux avions entrent en collision au-dessus du lac de Constance, tuant les 71 passagers à bord des appareils. Cet événement a entraîné le changement de multiples procédures aéronautiques internationales.


Plusieurs sites de surveillance en Suisse
Skyguide travaille en collaboration étroite avec l'hélicoptère d'urgence des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et utilisé par les services de sauvetage suisse et français Un avion rassemblant du matériel d’analyse et d’opération se trouve également sur le site de Genève. Les centres de contrôle aérien gérant les vols de transit qui traversent le pays en le survolant se trouvent à Genève et Zürich. Ils surveillent également quelques zones hors de la Suisse mais limitrophes en Allemagne, en Italie et en France. Ces accords sont le fruit de discussions politiques entre les pays concernés et Eurocontrôle (instance décidant de toutes les procédures aéronautiques en Europe). A Lugano, Berne, Grenchen et Buochs se trouvent des tours de contrôles. Elles se chargent de donner les autorisations de décollage et d’atterrissage. Un site militaire se trouve à Payerne, tandis que Sion et Locarno comptent des sites mixtes civils et militaires.


Règles pour les vols à vue et les vols à instruments
Emmanuel nous explique ensuite qu’on ne peut voler qu’en respectant des règles scrupuleuses. Deux catégories de règles permettent de voler : les règles de vol à vue (VFR : Visual Flight Rules) et les règles de vol à instruments (IFR : Instrument Flight Rules). Le vol à vue permet au pilote de gérer seul son vol. Le centre de contrôle peut lui donner des indications sans les lui imposer. Ce type de vol se fait par beau temps. Le contrôle aérien gère le vol pour le pilote qui n’a aucun droit de décision. La météo est la seule exception, car l’avion possède un radar météo très précis qui permet au pilote d’être mieux informé que le centre de contrôle.


Distance à respecter entre les différents avions

En vol, des minimas de séparations horizontaux (5 miles nautiques ou 9000 miles) et verticaux (1000 pieds ou 300 mètres) doivent être respectés. Si un pilote ne les respecte pas, il passe en justice et perd sa licence de vol. En effet, si un avion s’approche trop d’un autre avion (à l’atterrissage ou lors d’un croisement en vol), il risque de subir une turbulence de sillage (« wake turbulence ») et de tomber. En effet, il n’est plus porté par la masse d’air, celle-ci ayant été déplacée par le premier avion. Plusieurs accidents de ce type se sont produits au début de l’aéronautique.


Plan de vol, Eurocontrol et aiguilleurs du ciel
En résumé, un pilote prévoit un plan de vol basé sur des cartes aériennes et le soumet à Eurocontrol qui l’accepte ou non. Si accepté, celui-ci est alors transmis aux aiguilleurs du ciel qui évaluent si ce plan est possible. Les zones militaires peuvent par exemple ne pas être disponibles au moment où le pilote souhaite passer, ce qui oblige l’aiguilleur du ciel à imposer un autre plan de vol au pilote, qui devra s’y plier. Le ciel se partage en dix couches de vol appelées « routes aériennes ». Chacune possède sa propre fréquence radio.


Trois types d’aiguilleurs du ciel
Skyguide compte plusieurs corps de métiers dont les contrôleurs aériens. Ceux-ci se divisent en trois spécialités : les aiguilleurs contrôlant les approches et départs des avions, ceux contrôlant les vols en routes et ceux contrôlant les vols militaires. Les deux premières spécialités sont les plus difficiles. La première requiert une grande réactivité (altitude basse des avions, influence de la météo et de la situation géographique), tandis que la seconde requiert une forte capacité d’anticipation (avions de lignes volant à plus de 1000 km/h). Peu de personnes passent d’une spécialité à l’autre, car chacune nécessite deux à trois ans de formation.


Un ciel bleu très occupé
Quelques films nous sont présentés. Nous découvrons que 4000 mouvements de vols se déroulent au-dessus de la Suisse, dont 400 à 600 au-dessus de Genève. Il faut savoir que l’atterrissage et le décollage représentent deux mouvements de vol. Afin de visualiser ce qui se passe au-dessus de nos têtes en temps réel, l’application Flight Radar 24 Flight Tracker permet de voir quels avions sont en vol en temps réel dans le monde. Environ 30 millions de vols se déroulent chaque année et transportent 3,6 billions de passagers.


Emmanuel nous accueille

Dans la tour de contrôle sur le tarmac

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